La montagne : une rencontre

C’est dans les Pyrénées que j’ai découvert la randonnée en montagne. Je venais d’obtenir mon diplôme de technicien agricole. J’avais débarqué dans la région pour y travailler de mars à septembre.

J’avais été embauché pour faire du suivi phytosanitaire dans des vergers. J’avais une soixantaine de parcelles à visiter chaque semaine afin d’observer la présence de parasites ou de maladies. Je travaillais seul. J’avais organisé mes journées et mes horaires de façon à terminer tôt dans l’après-midi.

Je travaillais dehors, dans des paysages agréables mais ce n’était rien comparé aux montagnes grandioses qui surplombaient le village dans lequel j’avais loué un appartement pour ces quelques mois. Ce décor féerique m’appelait à partir à sa découverte. Je connaissais un peu la haute montagne. Il m’était arrivé de passer des vacances en Savoie et en Suisse. Je retrouvais là des sensations déjà éprouvées que j’avais du mal à décrire à l’époque. Je sais maintenant que c’était bel et bien un sentiment de liberté qui s’emparait de moi lorsque je partais explorer ces montagnes majestueuses.

À cette période là, j’eus l’occasion de rencontrer des voisins, une collègue technicienne et un paysan qui tour à tour me firent découvrir la région. C’est eux qui m’initièrent aux joies de la de la randonnée, du bivouac et des nuits en refuge. Cette période heureuse de ma vie est restée profondément ancrée dans ma mémoire. Là-bas, la liberté était à portée de main. Un avenir heureux était à portée de main, à tel point que j’envisageai furtivement d’y rester et de m’y installer à l’issue de mon CDD.

Mais j’étais encore jeune et je ne résistai pas longtemps aux injonctions parentales qui me poussaient à chercher un emploi stable. C’est ainsi que je quittai à regrets cette magnifique région dans laquelle j’avais effleuré le bonheur.

Après avoir passé six mois à arpenter les vergers du piémont pyrénéen et avoir respiré un vent de liberté, j’allais me retrouver dans un bureau à faire des plans et des devis derrière un ordinateur dans un pays largement aussi plat que celui de Jacques Brel : la zone industrielle d’un petit village de Sologne. Oui, mais… j’avais un CDI !

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