Mille et une bonnes raisons de renoncer
Comme souvent, le départ pour cette aventure ne sera pas facile. J’ai mille et une « bonnes raisons » de renoncer.
Je sais maintenant qu’en cet été 2026, il existe une fenêtre d’opportunité pour changer ma vie. Le tout est de ne pas la louper.
L’année dernière, j’ai déménagé pour venir habiter en moyenne montagne. J’ai une vue sur le Mont-Lozère depuis mon appartement. Il est en face de moi le matin quand je bois mon café. J’y grimpe souvent. À la journée ou pour quelques jours. J’en ai même fait le tour il y a quelque temps. J’ai pris l’habitude d’improviser des départs pour deux ou trois jours. Mais pour un mois c’est différent. D’autres questions se posent. Je pars plus loin, plus longtemps.
Pour mettre toutes les chances de mon côté, il me faut du bon matériel. Sur le tour du Mont-Lozère, le mois dernier, je me suis rendu compte que mon sac à dos n’était pas vraiment confortable sur la durée. Il finissait par me peser, physiquement, et, par conséquent, par me taper sur les nerfs. Alors, j’en ai commandé un. Après avoir étudié et comparé les caractéristiques de différents marques et différents modèles, j’ai opté pour un Baltoro 65 de la marque Gregory. Neuf, je n’ai pas les moyens. Alors j’en ai commandé un d’occasion. Mais même d’occasion ça coûte une centaine d’euros.
Je savais qu’il me fallait un M. J’ai regardé plusieurs annonces. Trop peut-être… Ça m’a fatigué. Si bien que j’ai commandé un L. Les bretelles sont trop longues. C’était pourtant clairement indiqué dans l’annonce « Taille L ». Je m’en suis voulu parce que je l’avais vu. Je crois que j’étais un peu surmené : j’ai confondu L avec M. C’est fait, c’est fait. Pas le temps de m’apitoyer. Je l’ai remis en vente immédiatement.
En attendant, j’ai commandé le même sac à la bonne taille. Je suis parti l’essayer dès qu’il est arrivé : un week-end sur le Tanargue, en Ardèche. Celui-là est parfait. Il colle bien au dos et, au niveau des sensations, c’est je jour et la nuit.
J’en ai profité pour essayer mes chaussures que j’avais également achetées d’occasion. C’était les mêmes que celles que j’avais achetées neuves pour mon premier voyage à pied sur le « tour de la montagne ardéchoise » il y a quelques années. À 15 euros, dans un état visiblement presque neuf : une aubaine. « Trop beau pour être vrai », comme on dit… Au bout de quelques heures, mauvaise surprise : j »ai remarqué que la semelle commençait à se craqueler sur le côté. Mauvais signe… La détérioration à été si rapide que je fus obligé de terminer la première journée en sandales. Heureusement, je n’étais parti que pour deux jours et il n’y avait pas trop de passages dans les châtaigniers…
Quoi qu’il en soit, il a encore fallu que je remette de l’argent dans une nouvelle paire de chaussures. Sans parler du fait que ma voiture m’a lâché au mauvais moment et que j’ai eu des dépenses imprévues sur la nouvelle, que mon téléphone ne tient plus beaucoup la charge, que mon pantalon de randonnée est en mauvais état et que mes chaussettes sont trouées. Financièrement, je suis sur le fil du rasoir en ce moment. Je ne pourrai pas partir dans les conditions parfaites. Pour couronner le tout, il fait trop chaud, l’année scolaire m’a épuisé, je n’ai pas le moral et j’ai mal à une dent. Pas besoin de chercher beaucoup pour trouver tout un tas bonnes raisons pour renoncer. Renoncer à quoi ? Je ne le sais pas exactement puisque je ne sais même pas encore où je vais. Je suis censé partir dans moins de trois semaines.
C’est le moment de réagir. Tout d’abord, comprendre ce qui se joue : comme d’habitude, mon inconscient voudrait me pousser à renoncer. Pourquoi, je ne le sais pas exactement et, à vrai dire, ce n’est pas le plus important dans l’immédiat. Ce qui compte pour l’instant, c’est d’en prendre conscience. Très bien. Donc je me fixe une date de départ : premier juillet dernier délai. Ensuite, priorité dentiste. J’ai réussi à obtenir rendez-vous. Ma dent devrait être soignée avant le départ. Qu’est-ce qui reste ? Les chaussures : elles sont commandées aussi. Je les essaie ce week-end. Le téléphone, le pantalon on fera avec. Et les chaussettes, je trouverai bien de quoi m’en acheter une paire. Je ne dis pas ça pour rire. Avoir de bonnes chaussettes de randonnée, c’est important pour éviter les ampoules.
Il ne me reste plus qu’à choisir une destination. Les Pyrénées, c’est décidé depuis quelques mois. Quel parcours exactement, ça je ne sais pas. Est-ce qu’il faut que je me fixe un objectif de destination ou plutôt prévoir de prendre le temps de marcher et d’écrire sans me mettre cette pression là ? À réfléchir…